Test Vo2 max : le test intermittent 30-15

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Le test d’aptitude intermittent 30-15 est devenu un test de terrain extrêmement populaire pour l’analyse de nombreux athlètes, dont le football, le hockey sur gazon, le netball et le handball. Ce test a été développé à l’origine pour mesurer plusieurs qualités/capacités physiques qui sont mises à l’épreuve pendant les sports intermittents. Depuis lors, il a été démontré qu’il s’agit d’une mesure fiable de la V02 max, mais cette mesure n’a été comparée qu’au test sur piste de l’Université de Montréal et non à une analyse gazeuse de laboratoire « de référence ».

En outre, il se peut qu’elle ne soit pas une mesure fiable de la vitesse aérobie maximale en raison de l’influence de la réserve de vitesse anaérobie. C’est pourquoi des « équations correctrices » sont utilisées pour calculer la vitesse aérobie maximale à partir des tests V02 max. Parmi plusieurs autres facteurs, il a été démontré que la capacité de changement de direction influençait les performances d’un athlète lors de ce test, ce qui suggère que les joueurs ayant une meilleure capacité à changer de direction de manière répétée peuvent obtenir de meilleures performances.

Qu’est-ce que le test d’aptitude intermittent 30-15 ?

Inventé par Martin Buchheit, le test d’aptitude intermittent 30-15 (IFT 30-15) a été développé comme guide de référence pour la prescription d’un entraînement par intervalles et pour mesurer les qualités/capacités physiques typiques qui sont mises à l’épreuve dans les sports intermittents tels que le football (soccer), le handball, le netball et le hockey sur gazon. Plus précisément, il a été développé pour mesurer la fonction aérobie maximale, la capacité anaérobie, les qualités neuromusculaires et de changement de direction d’un athlète, ainsi que sa capacité de récupération pendant un exercice intermittent (1, 2).

Par conséquent, et selon Martin Buchheit lui-même, le test a été conçu pour fournir à l’entraîneur une image globale de la capacité physique de l’athlète – ou du moins d’un certain nombre de ces qualités physiques (3). Ainsi, bien que nous ayons classé ce test dans la catégorie des tests d’aptitude physique « aérobie », il possède en réalité plusieurs capacités. Cela dit, cette diversité signifie également que le test ne peut isoler une qualité physique particulière (par exemple, la fonction aérobie maximale). Par exemple, un athlète qui a une faible capacité de changement de direction peut ne pas obtenir d’aussi bons résultats « aérobies » au test par rapport à un athlète qui a une bonne capacité de changement de direction (3).

Depuis son développement initial, il a été diversifié pour faire beaucoup de choses différentes. Il s’agit notamment de :

  • Identifier la vitesse aérobie maximale d’un athlète (3).
  • Identifier la capacité de changement de direction répété d’un athlète (3)
  • Identifier la réserve de vitesse anaérobie (VRA) d’un athlète (3)
  • Utilisation pour la prescription de l’entraînement (3)
  • Variations du test : Basketball (4), Basketball en fauteuil roulant (5) et Hockey sur glace (6)

Comme son nom l’indique, l’IFT 30-15 est un test « intermittent », ce qui signifie que les athlètes doivent effectuer un exercice intense suivi d’une récupération et répéter l’exercice jusqu’à épuisement volontaire. Le « 30-15 » fait simplement référence au ratio/temps de travail et de repos, ce qui signifie que le test demande aux athlètes de courir pendant 30 secondes puis de récupérer (c’est-à-dire de marcher) pendant 15 secondes.

Procédure – Comment réaliser l’IFT 30-15

Il est important de noter que chaque fois qu’un test de condition physique est effectué, il doit l’être dans un environnement cohérent (c’est-à-dire dans une installation), de manière à ce qu’il soit protégé des différents types de temps, et avec une surface fiable qui n’est pas affectée par des conditions humides ou glissantes. Si l’environnement n’est pas cohérent, la fiabilité des tests répétés à des dates ultérieures peut être considérablement entravée et donner lieu à des données sans valeur.

  • Installation – Cohérente, plate et non glissante (longueur minimale de 45m)
  • Cônes de marquage
  • Ruban à mesurer (≥40m)
  • CD audio ou MP3 30-15 IFT
  • Lecteur CD ou MP3 avec haut-parleur (le volume du haut-parleur est particulièrement important).
  • Feuille d’enregistrement de la performance.
  • Officiel enregistrant le nombre de navettes réalisées (expliqué dans la section  » Notation « ).
  • Configuration du test

La figure 1 présente la configuration de l’IFT 30-15 standard, qui doit être respectée si l’on souhaite obtenir des données précises et fiables.

Configuration complète de l’IFT 30-15

L’IFT 30-15 consiste en des courses navettes de 30 secondes entrecoupées de périodes de récupération de 15 secondes. La vitesse de départ du test est de 8 km/h (c’est-à-dire la première course navette de 30 secondes), et cette vitesse augmente de 0,5 km/h pour chaque étape de 30 secondes suivante. Ainsi, la vitesse de course à l’étape 1 est de 8km/h, l’étape 2 de 8,5km/h, l’étape 3 de 9km/h et ainsi de suite.

Les athlètes doivent courir d’avant en arrière entre deux lignes placées à 40 mètres l’une de l’autre (figure 1) à une vitesse régie par un « bip » sonore. Au fur et à mesure que l’individu progresse dans les niveaux, le temps entre les bips diminue, ce qui lui donne moins de temps pour effectuer chaque navette, augmentant ainsi la vitesse/intensité du test.

Les deux zones de 3 mètres au milieu de la zone de test (6 mètres au total) permettent aux athlètes d’évaluer la vitesse de course requise et d’adapter leur vitesse en conséquence (c’est-à-dire accélérer ou ralentir). Les deux zones d’extrémité/ lignes de virage de 3 mètres aident également l’athlète à ajuster/maintenir sa vitesse. Pendant la période de récupération de 15 secondes, les athlètes doivent marcher vers l’avant en direction de la zone de 3 mètres la plus proche ; c’est de cette zone que partira l’étape de course suivante.

Les athlètes doivent atteindre la zone de 3 mètres suivante – soit celle du milieu, soit celle des extrémités – de manière régulière. S’il ne parvient pas à atteindre la zone de 3 mètres suivante à trois reprises consécutives, il est éliminé du test.

Comme ce test peut souvent être déroutant pour les athlètes qui n’y ont jamais participé, il est important de rappeler que l’athlète doit continuer à courir pendant 30 secondes et atteindre la zone de 3 mètres suivante à chaque « bip ». Cet intervalle de 30 secondes de course sera ensuite suivi d’une récupération de 15 secondes de marche. Les athlètes doivent donc simplement atteindre la prochaine zone de 3 mètres au signal sonore et adapter leur vitesse en conséquence.

  • Les participants commencent le test à partir de la « ligne de départ » (zone A).
  • Lorsque le lecteur audio leur donne des instructions, les athlètes doivent courir en direction de la zone suivante de 3 mètres et l’atteindre au signal sonore suivant, ils doivent continuer à le faire pendant les 30 secondes.
  • Les zones A et C, situées à 40 mètres de distance, sont toutes deux des lignes de virage. Cela signifie simplement que lorsque les athlètes atteignent ces zones, ils doivent faire demi-tour et commencer à courir vers la zone opposée.
  • Un changement distinctif dans le signal sonore signalera le début de la période de récupération de 15 secondes. Pendant la période de récupération, les athlètes doivent marcher lentement, en restant dans la zone des 3 mètres, et se préparer pour l’intervalle suivant de 30 secondes.
  • Ils doivent répéter cette action de manière continue jusqu’à ce qu’ils atteignent l’épuisement volontaire.
  • Si l’athlète ne parvient pas à atteindre une zone de récupération de 3 mètres avant le « bip », le participant se voit attribuer un échec. Si l’athlète reçoit trois tentatives d’échec consécutives, il est retiré du test et son score est enregistré comme définitif. Toutefois, si l’individu atteint la zone avant le deuxième bip consécutif, ses tentatives d’échec sont remises à zéro.
  • Une fois retiré du test, le score de l’individu doit être enregistré.

Système de pointage

La vitesse de la dernière étape terminée par l’athlète est enregistrée comme son score au test. Par exemple, si l’athlète termine l’étape 19km/h, mais échoue et abandonne à l’étape 19,5km/h, alors 19km/h est enregistré comme son score de performance. Ce score est souvent appelé « test de vitesse et de condition physique intermittente » (VIFT).

Comment faire ? Calculer la V02 max

La V02 max de l’athlète peut également être calculée sur la base de la vitesse de course finale de l’athlète (VIFT) en utilisant la formule suivante (3) :

VO2max (ml.kg-1.min-1) = 28,3 – (2,15 x G) – (0,741 x A) – (0,0357 x W) + (0,0586 x A x VIFT) + (1,03 x VIFT)

Où :

  • VIFT est la vitesse de course finale
  • G désigne le sexe (homme = 1 ; femme = 2)
  • A pour l’âge (en années)
  • W pour le poids (en kilogrammes)

Les figures 2 et 3 présentent les scores communs des tests pour les athlètes masculins et féminins, respectivement.

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Considérations

Lors de la réalisation du test, plusieurs facteurs doivent être pris en compte avant de commencer. En voici quelques-uns :

  • Effort individuel – Des efforts sous-maximaux entraîneront des scores inexacts.
  • Règlement du test – Il est essentiel qu’au moins deux entraîneurs officient la procédure afin d’éviter toute mauvaise conduite du test, comme le fait de ne pas atteindre les zones de récupération avant les signaux sonores.
  • Vêtements et chaussures – des vêtements et/ou des chaussures incorrects peuvent facilement entraîner des efforts sous-maximaux et donc des données sans valeur.

Validité et fiabilité de l’IFT 30-15

Il est essentiel que l’entraîneur comprenne que le test est à la fois valide et fiable avant de l’inclure dans sa batterie de tests. Tout test dont la validité et/ou la fiabilité sont insuffisantes produira des résultats sans valeur qui ne doivent pas être utilisés au pied de la lettre. De plus, même un test dont la validité et la fiabilité sont suffisantes présentera toujours un certain degré d’erreur ou d’incohérence, mais la compréhension de ce degré est une partie cruciale de l’analyse des données.

L’IFT 30-15 a démontré une bonne fiabilité test-retest avec une erreur de mesure typique de 0,3 km/h (ICC = 0,96), ce qui suggère une différence potentielle d’environ 1 stade (soit 0,5 km/h) (3, 7).

L’IFT 30-15 s’est avéré être une mesure valide et fiable de la V02 max (8), bien qu’il faille noter que cette mesure n’a été comparée qu’à la V02 max obtenue au cours du test sur piste de l’Université de Montréal – également connu sous le nom de test sur piste de Léger-Boucher (9) – et non à l’analyse des gaz en laboratoire typique « étalon-or ».

Une autre raison pour laquelle les entraîneurs utilisent souvent le 30-15IFT est de déterminer la vitesse aérobie maximale de l’athlète, ce qui leur permettra d’individualiser leur prescription d’entraînement. Dans ce cas, il est essentiel que l’entraîneur comprenne que le VIFT (c’est-à-dire le score IFT 30-15 de l’athlète) n’est pas un reflet direct de sa vitesse aérobie maximale. C’est là que les choses se compliquent un peu, mais nous allons essayer de rester aussi simples et compréhensibles que possible.

Comme un athlète peut continuer à courir, et même courir plus vite, même s’il a déjà atteint sa V02 max, la vitesse aérobie maximale est simplement la vitesse la plus lente à laquelle un athlète atteindra sa V02 max (10). Par conséquent, un athlète peut atteindre sa V02 max à 17 km/h pendant l’IFT 30-15, mais obtenir un score total de 18,5 km/h au test. La figure 4 permet de mieux comprendre ce phénomène. La capacité de continuer à courir, et même d’augmenter la vitesse de course, après que la V02 max a été atteinte est connue sous le nom de « réserve de vitesse anaérobie » (3). C’est pourquoi des « équations correctrices » sont utilisées pour calculer la vitesse aérobie maximale à partir des tests V02 max. Dans l’ensemble, cela suggère que l’IFT 30-15 n’est peut-être pas un marqueur utile de la vitesse aérobie maximale.

Problèmes liés à l’IFT 30-15

Si le test lui-même est fiable lorsqu’il est effectué correctement, il présente toutefois plusieurs faiblesses.

  • Il a été démontré qu’il s’agit d’une mesure fiable de la V02 max, mais uniquement par rapport au test sur piste de l’Université de Montréal.
  • Il peut ne pas être une mesure fiable de la vitesse aérobie maximale en raison de l’influence de la réserve de vitesse anaérobie.
  • La capacité de changement de direction influence les performances de l’athlète lors de ce test, ce qui suggère que les joueurs ayant une meilleure capacité à changer de direction de manière répétée peuvent obtenir de meilleures performances.
  • Régler le test avec de grands groupes devient quelque peu difficile car il est difficile de repérer les athlètes qui ont échoué à plusieurs reprises à atteindre les zones de récupération avant le signal sonore. Par conséquent, il est fortement conseillé que plusieurs évaluateurs officient le test.